Vous rêvez d’une terrasse pour profiter des beaux jours ? Vous vous demandez par où commencer pour la construire vous-même ? Comment choisir les bons matériaux pour votre revêtement de sol extérieur et respecter les règles en vigueur ?
Cet article est un guide pratique qui vous montre comment faire. Nous allons voir ensemble les 4 grandes étapes pour construire soi-même une terrasse solide et durable, de la paperasse au dernier coup de vis.
Étape 1 : Planifier son Projet et Connaître la Réglementation
Avant de toucher à la moindre pelle, la première étape est de bien préparer votre projet. Une bonne planification vous évitera des erreurs coûteuses et des problèmes avec l’administration. C’est l’assurance d’une construction réussie.
Analyser le terrain et définir l’usage
Regardez bien votre sol. Est-ce de la terre, de l’herbe, ou une surface dure déjà existante comme une vieille dalle ? La technique de pose ne sera pas la même. Un terrain en pente nécessitera plus de travail pour être mis à niveau.
Pensez aussi à l’évacuation de l’eau. Votre terrasse doit toujours avoir une **pente minimale de 1,5%** en direction du jardin, et non de la maison, pour éviter que l’eau ne stagne contre vos murs. Vérifiez aussi qu’il n’y a pas de câbles ou de tuyaux enterrés là où vous voulez creuser.
Le cadre légal : mairie, permis et taxes
Construire une terrasse n’est pas toujours un acte anodin. La loi impose des règles précises qu’il faut connaître avant de commencer les travaux. Votre premier réflexe doit être de contacter le service urbanisme de votre mairie.
Vous pourrez y consulter le **Plan Local d’Urbanisme (PLU)**. Ce document peut imposer des contraintes sur les matériaux autorisés, les couleurs ou les distances à respecter par rapport à vos voisins. C’est une étape obligatoire.
Ensuite, la taille de votre projet détermine les démarches à suivre :
- Moins de 5 m² d’emprise au sol : Aucune démarche n’est nécessaire.
- Entre 5 m² et 20 m² : Vous devez déposer une déclaration préalable de travaux en mairie.
- Plus de 20 m² : Un permis de construire est obligatoire. C’est une procédure plus longue et complexe.
Gardez en tête que la construction d’une terrasse augmente la surface de votre bien. Cela peut donc entraîner une augmentation de votre **taxe d’aménagement** (à payer une seule fois) et de votre **taxe foncière** (chaque année).
La TVA à 10% si vous passez par un professionnel
Si vous décidez de faire appel à un artisan pour la construction, vous pouvez bénéficier d’une **TVA réduite à 10%** au lieu de 20%. Pour cela, il y a des conditions à respecter :
- Votre logement doit avoir plus de 2 ans.
- La terrasse doit être attenante à la maison (collée à un mur).
- Les travaux doivent être réalisés par une entreprise professionnelle.
Une bonne nouvelle pour la simplification administrative : à partir de février 2025, l’attestation CERFA à remplir pour en bénéficier est supprimée. La mention d’éligibilité sera directement indiquée sur le devis ou la facture. Pour en savoir plus sur les règles techniques, vous pouvez consulter le guide officiel de conception des terrasses en bois.
Étape 2 : Choisir les Matériaux et le Type de Structure
Le choix des matériaux est essentiel. Il va définir l’apparence de votre terrasse, son coût, mais aussi son entretien et sa durée de vie. Il existe de nombreuses solutions, chacune avec ses avantages et ses inconvénients.
D’abord, vous devez choisir la technique de pose. Les trois options principales sont :
- La pose sur dalle béton : La solution la plus stable et durable, mais aussi la plus chère et longue à mettre en œuvre.
- La pose sur plots réglables : Idéale sur un terrain naturel. C’est plus rapide, moins cher et permet une bonne ventilation du bois.
- Le recouvrement : Si vous avez déjà une vieille terrasse en carrelage, vous pouvez poser une nouvelle structure directement par-dessus.
Tableau comparatif des revêtements de sol
Pour vous aider à faire le meilleur choix pour votre projet, voici un tableau qui résume les options les plus courantes pour le revêtement de votre terrasse.
| Matériau | Prix au m² (fourniture) | Avantages | Inconvénients & Entretien |
|---|---|---|---|
| Pin traité autoclave | 15€ – 40€ | Le moins cher des bois, facile à trouver. | Moins durable, a tendance à griser vite, entretien annuel (saturateur). |
| Bois exotique (Ipé, Cumaru) | 60€ – 120€ | Très durable, stable, résistant aux insectes et à l’humidité. | Prix élevé, origine à vérifier (label FSC/PEFC). |
| Bois composite | 40€ – 100€ | Pas d’échardes, ne grise pas, très peu d’entretien (nettoyage à l’eau). | Chauffe au soleil, peut se rayer, aspect moins naturel que le bois. |
| Carrelage grès cérame | 30€ – 80€ | Très résistant, grand choix de styles, facile à nettoyer. | Pose sur dalle béton obligatoire, joints à entretenir. |
| Dalles béton | 9€ – 50€ | Économique, solide, différents aspects possibles. | Lourd à manipuler, sensible aux taches. |
| Gravier | 10€ – 20€ | La solution la moins chère, très drainant. | Peu confortable pour marcher, pas stable pour du mobilier. |
Le bois : le choix de l’authenticité
Le bois reste le matériau le plus populaire pour une terrasse. Il est chaleureux et s’intègre bien dans un jardin. On distingue deux grandes familles : les bois européens (pin, douglas) et les bois exotiques (ipé, cumaru).
Pour un usage extérieur, le bois doit avoir une classe d’emploi 4. Cela signifie qu’il a été traité pour résister à l’humidité permanente en contact avec le sol. Le pin traité autoclave est l’option la plus économique, tandis que les bois exotiques sont plus denses, plus stables et durent beaucoup plus longtemps.
Le composite : la solution sans entretien
Le bois composite est un mélange de fibres de bois et de résine plastique. Son grand avantage est qu’il **ne nécessite presque aucun entretien**, à part un nettoyage à l’eau de temps en temps. Il ne grise pas et ne produit pas d’échardes, ce qui est un plus pour les pieds nus.
Attention cependant, la qualité varie beaucoup d’un fabricant à l’autre. Un composite bas de gamme peut se déformer ou se décolorer rapidement. Il a aussi tendance à devenir très chaud en plein soleil.
Choisir sa structure : simple ou double lambourdage ?
La structure, c’est le squelette invisible de votre terrasse. C’est elle qui garantit sa solidité et sa longévité. Elle est composée de lambourdes, des pièces de bois sur lesquelles on vient visser les lames du revêtement.
Il existe deux techniques principales :
- Le simple lambourdage : Les lambourdes sont posées dans un seul sens, parallèles les unes aux autres. C’est la méthode la plus rapide et la moins chère.
- Le double lambourdage : On pose une première couche de lambourdes (les solives), puis une deuxième couche par-dessus, perpendiculairement. C’est la **technique recommandée par les professionnels**.
Étape 3 : Préparer le Terrain et Monter l’Ossature
Nous passons maintenant à la pratique. Cette étape est la plus physique, mais aussi la plus importante. Une bonne préparation du sol et un montage rigoureux de l’ossature sont les secrets d’une terrasse qui ne bougera pas avec le temps. Nous allons nous concentrer ici sur la méthode la plus courante : la pose sur plots sur un terrain naturel.
Les outils et matériaux indispensables
Avant de commencer, assurez-vous d’avoir tout ce qu’il vous faut sous la main. Voici une liste du matériel nécessaire :
- Pour la préparation : Pelle, brouette, râteau, dame manuelle ou plaque vibrante.
- Pour la mesure : Mètre, niveau à bulle (ou laser), cordeau à tracer.
- Pour le montage : Visseuse-dévisseuse, scie circulaire ou sauteuse, forets à bois.
- Les fournitures : Plots réglables, lambourdes, feutre géotextile, gravier, vis inox (A2 ou A4), bande bitumineuse, et bien sûr, les lames de terrasse.
Pour trouver tous les éléments nécessaires, des vis aux plots, vous pouvez voir les matériaux et accessoires pour terrasse adaptés.
La préparation du sol, étape par étape
Un sol bien préparé est la garantie d’une surface stable. Ne sautez aucune de ces étapes.
- Le décaissement : Il faut enlever la couche de terre végétale sur environ 15 à 20 cm de profondeur. C’est la partie la plus fatigante, mais elle est cruciale.
- Le compactage : Une fois la terre enlevée, compactez bien le fond de forme avec une dame ou une plaque vibrante pour obtenir un sol dur.
- La pose du feutre géotextile : Déroulez un **feutre géotextile** sur toute la surface. Ce tissu empêchera les mauvaises herbes de repousser à travers votre terrasse.
- Le lit de gravier : Recouvrez le géotextile d’une couche de **gravier ou de tout-venant** de 10 à 15 cm. Cette couche assure le drainage et la stabilité. Compactez à nouveau.
Le calepinage et la pose des plots
Le calepinage, c’est le plan de votre structure. Il s’agit de décider où vous allez poser vos plots. L’espacement entre les plots et les lambourdes, appelé l’**entraxe**, est très important. En général, on respecte :
- Un entraxe de 50 à 70 cm entre chaque plot sur une même lambourde.
- Un entraxe de 40 à 50 cm entre chaque lambourde.
Posez vos plots directement sur le lit de gravier en suivant votre plan. Réglez leur hauteur pour créer la fameuse pente de 1,5% qui permettra à l’eau de s’écouler correctement.
La pose des lambourdes et la protection
Fixez les lambourdes sur la tête des plots. Assurez-vous qu’elles soient bien droites et de niveau (en tenant compte de la pente). Lorsque deux lames de terrasse se rejoignent bout à bout (aboutage), elles ne doivent jamais reposer sur la même lambourde.
La règle d’or est d’utiliser la technique du **double lambourdage à l’aboutage** : chaque extrémité de lame doit reposer sur sa propre lambourde, les deux lambourdes étant côte à côte. Cela laisse le bois travailler et évite les déformations.
Étape 4 : Poser le Revêtement et Réaliser les Finitions
L’ossature est en place, le plus dur est fait. Il ne reste plus qu’à poser le platelage, c’est-à-dire les lames de votre terrasse. C’est la partie la plus visible, alors prenez votre temps pour un résultat parfait.
Le pré-perçage et le vissage des lames
Pour éviter que le bois ne se fende, le **pré-perçage est obligatoire**, surtout avec les bois exotiques qui sont très denses. Percez un trou à l’endroit de chaque vis avant de visser.
La règle est de mettre **deux vis par lambourde**. Les vis doivent être placées à environ 15-20 mm du bord de la lame. Utilisez exclusivement des vis en inox A2 (milieu non pollué) ou A4 (bord de mer ou piscine) pour éviter la rouille.
Gérer l’espacement et la dilatation
Le bois est un matériau vivant, il gonfle avec l’humidité et se rétracte avec la chaleur. Il est donc indispensable de laisser un espace entre les lames pour qu’elles puissent bouger. Cet espace varie selon la saison :
- En été (temps sec), laissez un espace de 6 à 7 mm.
- En hiver (temps humide), un espace de 4 mm suffit.
Pour avoir un espacement régulier, utilisez des **cales d’espacement** que vous glissez entre les lames au moment du vissage. Pensez aussi à laisser un espace de 10 mm entre le bout des lames et tout obstacle (un mur par exemple).
Les coupes de finition et l’entretien
Une fois toutes les lames posées, utilisez une scie circulaire pour couper toutes les extrémités en même temps. Cela vous donnera une finition parfaitement droite. N’oubliez pas de traiter les parties coupées avec un produit de préservation pour maintenir la **protection classe 4**.
Pour finir, vous pouvez habiller le côté de la terrasse avec des bandeaux de rive. Une fois la terrasse terminée, un premier nettoyage est nécessaire pour enlever la poussière. Ensuite, deux choix s’offrent à vous :
- Laisser griser le bois : C’est une évolution naturelle qui n’altère pas la solidité du bois. Un simple nettoyage annuel suffit.
- Conserver la couleur d’origine : Vous devrez appliquer un **saturateur** une à deux fois par an pour nourrir le bois et le protéger des UV.
Votre projet de terrasse est maintenant terminé. En suivant ces 4 étapes, vous avez construit un espace extérieur durable qui met en valeur votre maison. La clé du succès réside dans la préparation et le soin apporté à la structure invisible.
Si le projet vous semble trop grand ou si vous manquez de temps, faire appel à un professionnel reste une excellente solution. Pour vous aider à estimer le budget, vous pouvez recevoir jusqu’à 3 devis gratuits et comparer les offres d’artisans qualifiés près de chez vous.
FAQ – Questions fréquentes sur la construction d’une terrasse
Quel est le revêtement de terrasse le moins cher ?
Le revêtement le moins cher est le **gravier** (environ 10-20€/m²), suivi de près par les **dalles en béton** premier prix (dès 9€/m²). Pour une terrasse en bois, le **pin traité autoclave** est la solution la plus économique, avec un prix qui commence autour de 15€/m² pour les lames.
Peut-on faire une terrasse sans dalle béton ?
Oui, absolument. La **pose sur plots réglables** est une alternative très courante, plus rapide et souvent moins chère que de couler une dalle béton. Cette technique s’adapte très bien aux terrains naturels, à condition qu’ils soient bien stabilisés et préparés (décaissement, géotextile, gravier).
Faut-il un permis de construire pour une terrasse ?
En général, non. Une **déclaration préalable de travaux** en mairie est suffisante pour une terrasse dont l’emprise au sol se situe entre 5 m² et 20 m². En dessous de 5 m², aucune démarche n’est requise. Le **permis de construire** ne devient obligatoire qu’au-delà de 20 m² d’emprise au sol.
Comment éviter qu’une terrasse en bois pourrisse ?
Quatre éléments sont essentiels. D’abord, une **excellente ventilation** sous les lames, assurée par la pose sur plots ou un double lambourdage. Ensuite, une **pente de 1,5%** pour que l’eau s’évacue. Il faut aussi utiliser du bois adapté, de **classe 4** au minimum pour la structure. Enfin, la pose de **bandes de protection bitumineuse** sur les lambourdes est le meilleur moyen de protéger la structure.
